Phnom penh dans le cœur des hommes.

Arrivée à Phnom Penh dans la nuit, très chaude et moite. Nous sommes le 9 décembre, le 10 décembre étant un jour férié qui commémore le jour de l’indépendance de la France, le 9 novembre 1953.

C’est la fête ici. (Décidément !)

Qui dit fête, dit danse dans la rue !

Mes 6 heures de bus m’ont un peu fracassé, je file me coucher.

Un nouveau jour se lève, mon réveil sonne tôt pour me préparer à aller visiter deux sites importants dans la culture Khmer et leur histoire.

Petit rappel très rapide de ce qu’il s’est passé.

Pol Pot, Cambodgien issue d’une famille aisée et proche de la Royauté a une vie paisible dans une famille de gros propriétaires terriens et paysans. Il ne brille pas dans ses études. Mais ses parents le font étudier à Phnom Phen puis à Paris. C’est là qu’il rejoint le parti communiste et qu’il s’initie à la politique avec notamment Jacques Duclos et Jacques Vergès qui devint son ami.

Après un retour au pays, une prise du maquis et autres péripéties il prend le pouvoir en 1976 pour le quitter en 1979.

Entendez bien que kampuchéa Démocratique dirigé par les Khmers Rouges aura duré presque 4 ans. Mais 4 ans d’enfer pour le peuple khmer. Son propre peuple.

Choeung Ek : le camps d’exécution des Khmers.

Si vous avez des idées sombres, que vous êtes un peu fragiles ou sensibles, un seul conseil : n’y allez pas. Ne lisez pas ce qui va suivre.

Choeung Ek est, comme son nom ne l’inique pas, un camp d’extermination des opposants aux khmers rouges. Et, sans rentrer dans les détails, tout y passe : hommes, femmes, enfants. C’est une véritable boucherie. 3 millions de morts au bas mot entre les exterminations, et la famine liée à la volonté de Pol Pot de mettre en place le “grand bon en avant” comme l’avait fait la Chine (qui a couté à la Chine la bagatelle de 60 millions de morts) emplacement où les Khmers Rouges tuaient en série toute personne qui était intellectuel, opposant réel ou supposé. Et on ne faisait pas dans le détail puisque si l’homme était coupable, on tuait femme, enfant avec. Le tout sous la bienveillance de la France et de la CIA qui voyait en Pol Pot un opposant au Vietnam du Nord. incroyable.

c’est un charnier immense d’environ 17 000 victimes qui ont été retrouvées par un paysan à la chute du régime et cartographié. Les cambodgiens y ont construit une sorte de grand mausolée pour y déposer les squelettes des morts.

On voit ici les emplacements des trous dans lesquels les corps ont été déposés, ou plutôt tués sur place.

Il se dit que sur cet arbre, le paysan découvrant le site, aurait trouvé des cheveux et de la matière cérébrale incrustés dans l’écorce de l’arbre.

On trouve des douilles encore un peu partout qui remontent de terre.

Oui, il y a encore des zones qui n’ont pas été fouillées. On sait qu’il y a des corps. Toute la zone en fait. C’est terrifiant.

Les khmers n’utilisaient pas que des armes. Ils avaient tout un échantillon de solutions létales.

Je termine la visite un peu éprouvé, mais je ne m’attendais pas à ce qui allait suivre.

Tuol Sleg : une école mortelle

La deuxième étape se déroule au Tuol Sleg, la prison S21 qui est une ancienne prison et centre d’interrogatoire des khmers rouges. Entre 18000 et 20000 personnes furent interrogées dans cette prison, avec une finalité systématique, la mort au bout du chemin.

Tuol Sleng est une ancienne école, construite par les Français, que Pol Pot a réquisitionné pour la transformer en centre de détention et ainsi interroger ses ennemis potentiels.

Depuis l’intérieur a été transformé en musée et centre mémoriel.

Les classes ont été transformées en prisons, individuelles ou collectives.

L’équipement était très rudimentaire : un lit, une entrave pour le prisonnier et une boite qui servait de toilettes.

Les entraves étaient aussi collectives.

Des espaces aménagés dans certaines classes pour retenir plus de prisonniers dans des conditions inhumaines.

Il y avait bien sûr des outils de torture pour faire avouer ce dont on avait besoin que les gens avouent. Si la personne n’avouait pas ce que qui était attendu, il repartait à la torture jusqu’à ce que les aveux conviennent. il y avait 3 type de gardiens :

  • les gentils
  • les chauds
  • les mordants

Quand un détenu n’avouait pas avec les gentils, il passait avec les chauds puis les mordants.

De toute façon, l’espérance de vie dans cette prison était quasi inexistante.

Il y a quelques survivants (très peu) qui viennent tous les jours pour vendre leurs livres sur l’expérience de la vie à la prison. Celui-ci a survécu grâce à une compétence rare : il savait réparer la machine à écrire du directeur de la prison.

Anecdote moins drôle, beaucoup de khmers rouges sont restés après la chute de Pol Pot dans les administrations.

Comme tout système administratif qui dédouane des actes ceux qui les profèrent, tout a été minutieusement documenté et chaque détenu a été pris en photo. Homme, femme, enfant. beaucoup sont morts. Reste ces photos d’eux pour la postérité.

Un lieu de mémoire de la folie humaine.

Pour prolonger la visite je vous invite à regarder ce documentaire

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