Départ de Phnom Penh, la capitale pour les iles de Koh Rong où 7 jours de farniente m’attendent. J’empreinte la seule autoroute du pays qui joint les deux villes. Autant de moyens, ne peut être que bon signe me dis-je. C’est sûr !
J’arrive la veille de mon séjour et profite pour découvrir cette ville balnéaire que j’imagine un peu comme toutes les villes balnéaires. Je crois qu’on a jamais été aussi loin de cette définition….
J’arrive par la périphérie de la ville comme souvent avec les bus. Pas extraordinaire mais pas non plus dramatique. On est en Asie, les extérieurs sont rarement sympatiques.
Je récupère mon hôtel, pas cher, un hôtel Chinois, rempli de travailleurs Chinois. Du linge qui sèche dans les couloirs. Etrange mais encore une fois, n’étant là que pour une nuit, je n’ai pas pris l’hôtel bord de mer plus cher, donc je ne suis pas déçu. La chambre quant à elle est immense. donc pas de quoi se plaindre. Je prends des photos qui ne s’enregistreront jamais : c’est à ce moment là que je découvre que lorsque je ferme un peu vite l’appareil photo, il estime que la photo n’aurait pas dû être prise et du coup ne l’enregistre pas. Et dire que je fais ça régulièrement… Des fois la technologie veut t’aider mais elle ne fait que te pourrir la vie. Bref.
Je décide d’aller à pieds vers le bord de mer histoire de me dégourdir un peu les jambes. et voici les premières images


On se croirait tout droit sortis d’un film post apocalyptique, ou d’une journée normal au Liban dans les années 80. Rien n’est terminé, voir à peine commencés. Et cela continue de construire par ailleurs. Et toute la ville est comme ça. Comme toute chose, il y une explication à tout ça.

Une communauté Russe a choisi la ville comme lieu de vacances et a investi dans différents domaines. La plupart financés avec de l’argent issue d’activités illégales. Les chinois sentant le bon coup se sont engouffrés dans le développement de la ville de manière exponentielle en construisant massivement immeubles et Casino, le gouvernement Cambodgien ayant pour ambition de transformer cette ville en nouveau ShenZhen. Folie immobilière, en 2019, il y a 62 casinos dans la ville. Ces casinos cachent des activités de Jeux en ligne (qui sont souvent des arnaques)
A la suite du Covid, la ville connait une chute de l’activité touristique et la fuite des Chinois du jour au lendemain. En 2024, il y a 360 immeubles inachevés et 170 terminés mais inhabités.

Aujourd’hui la ville est occupée massivement par des scammers (arnaqueurs en ligne) de tout pays, et, bien que le gouvernement tente d’arrêter le phénomène, il est aussi le seul revenu de la population locale qui avait cru en l’arrivée des Chinois, qui sont repartis aussi vite qu’ils sont arrivés. Laissant tout derrière eux comme en témoigne ce concessionnaire de voitures de luxe.
A date, des projets repartent doucement. Mais il faudra beaucoup d’années pour transformer ce port profond construit par les Français dans les années 50, en ville à nouveau prospère et balnéaire.
Il reste des bouts de plage un peu sympa (dont les eux usées se déversent sans filtration à 50m des baigneurs, j’ai la vidéo, je vous laisse imaginer l’odeur) et des restaurants vides de clients.


