Je suis à présent à Hiroshima, ville que je n’ai pas besoin de vous présenter tant elle est devenue célèbre pour son oblitération sous un feu nucléaire durant la seconde guerre mondiale.

On va le dire clairement, et de premier abord, cela ne se voit pas du tout. Je n’ai que peu de temps ici d’ailleurs, j’ai dû faire l’impasse sur le mémorial qui est une sorte de débris de bâtiment au milieu d’un parc. Je me suis concentré sur deux autres activités.
Bon pour être un peu honnête, je me suis un peu foiré sur le plan et les horaires. Ma première halte se fait au Musée d’Art contemporain de la ville d’Hiroshima. Le premier construit au japon en 1989. J’aurais dû vérifier l’horaire, cela m’aurait évité de poireauté une heure, au froid, dehors.

En effet ce dernier n’ouvre qu’à 10H00 et je suis un peu tombé du lit, et même avec mon sac à dos et le fait qu’il soit perché, tout seul en haut d’un petit mont, Je me rends compte que je marche plus vite, mieux. Je ne suis quasiment pas essoufflé et ce, malgré la marche de la veille dans les torii. l’entrainement, ça paie, mais du coup, je suis en avance.

J’arrive devant le musée, et visite les alentours. Comme l’on peut s’en douter, le parc contient quelles oeuvres remarquables.






La hauteur du point de vue montre la différence de topologie entre l’avant et l’après bombe tel que présenté sur cette plaque commémorative sur laquelle on peut lire :
« Centre-ville dévasté (à 2 kilomètres de l’hypocentre)
Le 6 août 1945, Hiroshima a été réduite en cendres par une seule bombe atomique. Au centre de la ville, il ne restait que les ossatures des bâtiments en béton armé.
Les bâtiments au centre de la photo se trouvaient dans le quartier commerçant de Hatchobori (à 700-800 mètres de l’hypocentre). Ceux sur la gauche se trouvaient dans le quartier financier de Kamiya-cho (à 200-300 mètres de l’hypocentre).
(Vue vers le centre-ville depuis la colline de Hijiyama. Octobre 1945. Photographie de l’armée américaine [U.S. Army])«

Les portes s’ouvrent en fin,

je prends mon tiquet et part à la découverte. Enorme frustration de me rendre compte que je n’ai pas le droit de prendre de photographie. Enfin pas partout. Je triche un peu.






Une petite expérience est à réaliser. Je sers de cobaye. J’aime beaucoup l’aspect éphémère de l’oeuvre dont je suis le personnage central.
Vous devrez donc me croire sur parole si je vous dis que les oeuvres étaient vraiment intéressantes.
Je repars et me dirige vers mon deuxième lieu de visite. Je marche pendant un temps interminable jusqu’au lieu dit. Encore une fois la période basse me sauve les miches en me permettant d’avoir un créneau de visite qui est organisée. Pas le choix.
Je vais visiter le musée de l’usine Mazda !


Le hall d’entrée annonce la couleur en proposant plusieurs concept car




On prend un bus qui nous emmene de l’autre côté de l’usine en passant par un pont dont notre guide nous explique fièrement que c’est une route privée et propriété de Mazda.

Nous commençons la visite avec une vidéo de présentation à la gloire de Mazda. Puis nous commençons à rentrer dans le vif du sujet avec le premier véhicule créé par Mazda (avec un moteur Mitsubishi)




Une de mes chouchous du musée Célèbre pour l’exploit de Spa-Francorchamps en 1970. La Mazda Famiia.


Prendre le temps d’expliquer ce qu’est le Kodo devant ce concept car Mazda Shinari de 2010 me semble important pour comprendre l’esprit de cette marque.

Kodo signifie, l’âme du mouvement. est une véritable philosophie artistique pour Mazda. Il consiste à capturer l’instant du mouvement. L’idée centrale du Kodo est de donner à une voiture l’apparence d’un être vivant. Les designers s’inspirent de la nature et plus particulièrement du moment précis où l’animal sauvage (comme un guépard) bondit sur sa proie.
La tension : Même à l’arrêt, la voiture doit donner l’impression qu’elle accumule de l’énergie et qu’elle est prête à s’élancer.
Le rythme : Les lignes ne sont pas statiques ; elles coulent de l’avant vers l’arrière pour guider l’œil et créer une sensation de vitesse.
La philosophie « Ma » (L’espace vide) : Dans la culture japonaise, le vide est aussi important que l’objet. Le design Kodo utilise cette approche : Éliminer l’inutile : Contrairement à beaucoup de marques qui ajoutent des lignes complexes et des plis de carrosserie partout, Mazda cherche à simplifier. La pureté : Moins il y a de lignes de caractère, plus la forme générale de la voiture est puissante et élégante.
Le travail de l’argile (Les Maîtres Takumi)
C’est l’aspect le plus fascinant. Chez Mazda, le design ne commence pas sur un ordinateur, mais avec de l’argile. Les maîtres artisans (Takumi) sculptent des formes à la main pendant des mois. ls créent des surfaces tellement lisses et précises que la lumière « danse » sur la carrosserie. L’objectif est que les reflets de l’environnement changent au fur et à mesure que la voiture se déplace, créant une impression de vie.

La signature lumineuse et la calandre
Le design Kodo est immédiatement reconnaissable.
Les couleurs spécifiques (Soul Red)
Pour sublimer ce travail sur les reflets, Mazda a développé des peintures spéciales, comme le célèbre « Soul Red Crystal ». Cette couleur utilise plusieurs couches pour créer un contraste profond entre les zones éclairées (très brillantes) et les zones d’ombre, accentuant ainsi les courbes sculptées par les Takumi.

Autres concept Car de la marque, développé en 2017, le Mazda Vision Coupé. Vraiment de toute beauté.




Nous finissons la visite sur le Mazda Iconic SP, concept Car de 2023.

Le concept n’est pas qu’une simple étude de style ; le responsable du design de Mazda a affirmé qu’il a été conçu avec l’intention réelle d’en faire un modèle de production dans un avenir proche. Je suis totalement pour.



Nous finissons par un passage sur la ligne de fabrication, la visite de la partie logistique et les quelques modèles en production actuellement.

C’était vraiment intéressant. Je repars d’Hiroshima, prendre mon train pour ma prochaine destination.
