Les extras de Kanazawa

Je continue ma visite de la ville. Je vais faire un tour du côté du quartier des Geïsha mais je ne vois pas âme qui vive. Je décide donc de visiter le temple Ninja Myoryuji et pour terminer le sanctuaire Oyama-jinja.

Je passe devant le temple Ninja Myoryuji et me dit : chouette, je vais voir comment vivaient les Ninja de l’époque, cela va être super intéressant. Alerte Spoiler, ce qui va suivre va être frustrant à plus d’un titre.

Je passe devant le temple Ninja Myoryuji et me dit : chouette, je vais voir comment vivaient les Ninja de l’époque, cela va être super intéressant. Alerte Spoiler, ce qui va suivre va être frustrant à plus d’un titre.

Les visites sont limitées et il faut s’inscrire. Encore une fois, la basse saison me sauve d’un échec cuisant.

J’arrive devant ce bâtiment entouré de murs un brin mystérieux.

Je m’inscris pour la visite et là, déception : aucune photo ou vidéo n’y est autorisé. C’est souvent le cas avec les temples, enfin surtout la partie intérieure.

Je commence la visite guidée, une fois mes chaussures retirées et laissées à l’extérieur du temple, espérant secrètement qu’elles soient encore là quand je ressortirai !

Le temple Myōryū-ji, plus connu sous le surnom de « Ninja-dera » (le temple des ninjas), est un véritable chef-d’œuvre de l’architecture trompeuse et défensive.

Pour la petite histoire, bien qu’il porte ce surnom, il n’a jamais abrité de ninjas. Il a été construit au 17e siècle par le puissant clan Maeda. À l’époque, le shogunat Tokugawa imposait des règles strictes sur la construction de forteresses. Les Maeda ont donc conçu ce temple bouddhiste comme un avant-poste militaire déguisé pour se protéger en cas d’attaque, d’où la présence de tous ces mécanismes.

Voici une présentation des pièces et pièges les plus emblématiques de cet édifice fascinant :

  • Les pièges au sol
    La boîte à offrandes (Saisen-bako) : Contrairement aux temples classiques, la caisse à offrandes est encastrée dans le sol. En cas d’intrusion, les moines soldats pouvaient retirer les grilles, transformant l’endroit en une fosse profonde (un piège mortel) pour stopper l’avancée ennemie vers le sanctuaire principal.

Les planchers amovibles : À divers endroits, de simples lattes de plancher pouvaient être retirées en un clin d’œil pour révéler des fosses cachées ou des escaliers secrets plongeant dans l’obscurité.

  • Les escaliers stratégiques
    L’escalier aux ombres (Akari-tori no kaidan) : C’est l’un des pièges les plus ingénieux. Les contremarches de cet escalier sont faites de papier translucide (shoji). Les gardes cachés sous l’escalier pouvaient repérer les ombres des pieds des assaillants à contre-jour et leur transpercer les jambes avec des lances sans être vus.

L’escalier caché dans le placard : Une porte coulissante tout à fait ordinaire dissimule un escalier dérobé permettant aux défenseurs de fuir ou de prendre l’ennemi à revers.

  • Les pièces de survie et de sacrifice
    La salle du Seppuku : Une petite pièce isolée conçue pour le suicide rituel (seppuku). Sa particularité glaçante ? Une fois la porte coulissante fermée, une serrure mécanique cachée s’enclenchait, rendant l’ouverture impossible de l’intérieur. Elle permettait au seigneur de mourir avec honneur sans être interrompu par l’ennemi.

Le puits secret : Situé au cœur du temple, ce puits fait environ 25 mètres de profondeur. La légende raconte qu’il abrite un tunnel secret reliant le temple directement au château de Kanazawa pour permettre une évacuation d’urgence du seigneur.

  • L’architecture en trompe-l’œil
    La tour d’observation (Monomi-do) : De l’extérieur, pour respecter la loi du Shogun, le temple semble n’avoir que deux étages. En réalité, il cache un labyrinthe complexe de quatre étages et sept niveaux intermédiaires. Tout en haut se trouve une tour de guet qui offrait une vue panoramique sur les plaines environnantes pour repérer les armées en approche.

Les portes trompeuses : Certaines portes coulissantes (fusuma) mènent à des murs pleins, ou se verrouillent automatiquement derrière l’intrus, le piégeant dans un couloir sans issue.

Au final, point vu de Ninja mais un temple qui en valait en son temps mille.

Je termine cette journée en traversant cette ville étonnante à plus d’un titre.

Le soleil commence à se coucher et, sur le chemin du retour mon oeil est attiré par un bâtiment étrange en arrière plan d’une avenue passante, artère principale menant à la gare et qui me ramène à mon logement.

Pour celle et ceux qui connaissent, j’ai pensé instantanément au Voyage de Chihiro même si dans cette animation, il s’agit d’un parc d’attraction abandonné.

Je passe le grand portail et découvre le sanctuaire.

La lumière baisse, les lumières s’animent et rendent le lieu encore plus magique.

Le parc environnant le sanctuaire est magnifique. la véritable zénitude.

Je rentre me reposer un peu avant de ressortir diner et boire un verre dans l’un des petits bars que j’avais repéré la veille.

Je discute avec le patron du restaurant et son cuisinier (qui ne parle pas un mot d’anglais) curieux de voir un Français fumeur de cigares dans le coin. Oui certains établissements sont fumeurs compatibles. Le bonheur quoi.

Puis je fils dans un bar afin de boire un verre. ce qui est amusant, c’est qu’à chaque fois, la curiosité de me voir prend le pas sur l’indifférence et c’est vraiment sympa.

Une journée bien remplie. Je rentre me coucher demain, départ pour…