Taiyō no tō des années 70

J’ai fini ma visite de la distillerie, j’ai du temps et pas vraiment de plan. Je suis passé devant une tour qui a piqué ma curiosité. Je m’en vais donc visiter un lieu qui n’aura pas cessé de m’étonner.

Mais avant de vous le dévoiler, je dois prendre un train monorail.

J’arrive donc sur une esplanade, mon lieu étant encore séparé par une autoroute. Mais je vois au loin cette tour totalement improbable.

Il s’agit donc d’un lieu emblématique du Japon, là où s’est déroulé l’exposition Universelle de 1970.

La tour que vous voyez est la tour du Soleil, une oeuvre réalisée par l’artiste Japonais Tarō Okamoto. Artiste qui doit être aussi connu que Picasso chez nous et dont je suis tombé totalement amoureux, je dois bien admettre.

Petit point rage, j’ai raté à quelques semaines (ou mois, je ne sais plus) l’exposition Universelle 2025 qui s’est déroulée aussi à Osaka. Damned, moi et mon sens du timing des fois.

Le site est immense, et il reste quelques bâtiments qui ont subsisté à cette exposition.

D’ailleurs, je vous invite à regarder cette vidéo de l’exposition Universelle pour prendre la mesure de l’évènement de l’époque et des moyens que chaque pays mettaient en oeuvre. Elle fut d’ailleurs très remarquable (et un peu critiquée) par la présence des plus grosses entreprises Japonaises au sein de l’exposition ce qui ne se faisait pas trop à l’époque.

Il y a aussi pleins de reportages très intéressants. Je vous invite à les regarder afin de comprendre pourquoi cet évènement était un trait d’union entre le Japon ancien et le Japon du futur. Peut être même le monde entier d’ailleurs.

Mais revenons à ma visite. Je me dirige vers le Tekkhokan, traduisez « pavillon d’acier » qui a été construit par la Fédération japonaise du fer et de l’acier spécialement pour l’Exposition Universelle d’Osaka en 1970, bâtiment musée.

et cette magnifique structure sonore des frères Baschet, notamment François Baschet et Bernard Baschet qui étaient des sculpteurs et concepteurs d’instruments français, mondialement connus pour leurs « structures sonores Baschet« . Leurs œuvres combinent l’art visuel et l’acoustique en utilisant des plaques de métal, des cônes amplificateurs de son et des tiges métalliques pour créer des résonances uniques.

Ce qui est cool avec les musées Japonais, c’est leur passion pour les maquettes. ils en font pleins, partout, tout le temps. Mais, force est d’admettre que ça a de la gueule.

La façade du Visage d’Or (10,6 mètres de diamètre) qui ornait le sommet de la Tour du Soleil. Un film de marquage en chlorure de vinyle, alors à la pointe de la technologie, avait été appliqué sur la tôle d’acier zinguée de la façade. Craignant une détérioration due au vent et à la pluie, la façade d’origine fut retirée en 1992 lors de travaux de rénovation de la Tour du Soleil et remplacée par une nouvelle façade en acier inoxydable recouverte du même film de chlorure de vinyle.

Il y a de tout, une vraie machine à remonter le temps qui, chose étonnante, projetait un futur idéal, comme ce vélo électrique ou les tenues des hôtesses.

Le pavillon japonais tel qu’il était à l’époque était vraiment impressionnant comme on peut le voir sur cette autre maquette (oui encore une)

Dans le pavillon se cache un trésor, un de l’époque, totalement dingue.

En effet Conçu par l’architecte Kunio Maekawa, son cœur était une salle de spectacle révolutionnaire appelée le « Space Theater ».

Le compositeur japonais Toru Takemitsu en était le directeur musical. Il voulait transformer l’acier en art et en musique. Pour cela, il a invité les esprits les plus novateurs de l’époque :

Les Frères Baschet dont on a vu les oeuvre plus haut : Ils ont créé 17 structures sonores en acier et en métal (dont celle exposée aujourd’hui au musée Toyota) pour habiller le pavillon/

Iannis Xenakis, le célèbre compositeur franco-grec y a diffusé son œuvre électroacoustique Hibiki Hana Ma, conçue spécialement pour le système de sonorisation spatialisé du pavillon (qui comptait environ 800 haut-parleurs. (vous pouvez en écouter les 18 minutes si vous êtes prêts à découvrir quelque chose qui ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà pu entendre.) Il a été, pardonnez du peu, le premier à avoir composé de la musique avec un ordinateur.

Vous aussi, vous avez noté qu’il s’agit de Français, qui étaient à l’époque, ce qu’il se faisait de mieux en matière de musique contemporaine et expérimentale.

Je continue mon tour devant les prospectus des pays présents.

Je finis mon tour et sors du pavillon, sacrément secoué de ce que je viens de voir.

Je suis vraiment content et me dit que j’ai vu tout ce qu’il y avait à voir…

j’arrive derrière le Dieu Soleil. Et je remarque un escalier qui descend à son pied.

Je découvre que le Dieu Soleil n’est pas qu’une monumentale statue. C’est aussi un lieu à visiter de l’intérieur. Et pas des moindres.

On y trouve à l’intérieur, l’arbre de la vie. Une sorte de grand fil de l’évolution partant des organismes unicellulaires, et, suivant un grand escalier en colimaçon, on découvre d’autres espèces de plus en plus développées

pour finir par les primates et tout en haut les humains.

En voici le plan pour bien comprendre à quel point cette oeuvre est monumentale. (oui je l’ai déjà dit)

Je ressors de cette exposition avec le sentiment d’avoir à peine effleuré une époque incroyable, seulement 8 ans avant ma naissance. C’est peu et beaucoup à la fois. Tout était encore possible, tout le monde croyait à un futur que rien ne pouvait corrompre, ou empêcher.

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